4 août 2004, Xi'an, Province du Shaanxi, Km 7978, 94ème jour


Big center... plus de 200 machines...

sortie de la vallée du Huang He...
vers le tunnel à 2283m
La route sinue entre des centaines de collines cultivées en terrasses
cueillette du poivre
famille d'accueil... gîte et couvert...
Culture de Lys Martagon

Me voici donc à Xi'an, capitale du Shaanxi, mais capitale de la Chine pendant près de 2000 ans (jusqu'a Charlemagne environs)
Ce fut la capitale de la soie et l'origine de la route du même nom. Pourtant, depuis l'Ouzbékistan je n'ai plus revu de mûriers…
6,5 millions de Chinois qu'y zhabitent là…
La ville ancienne - seule de Chine à avoir conservé ses 13,5km d'imposantes murailles d'enceinte - a bien entendu été bétonnée par les promoteurs. Seul, le quartier musulman y a échappé… tourisme oblige, mais hélas, les ruelles ne sont qu'étalages de souvenirs pour touristes…
Xi'an étant un incontournable du tourisme chinois, c'est en conséquence une des villes les plus chères du pays. Ma chance continue car j'y ai malgré tout déniché un hébergement pour 2 Euros la nuit (j'ose pas dire chambre) dans un luguan (très) populaire. C'est un gourbi, un grand placard, de 7m2 (mais avec une vieille télé à… 1 chaîne) C'est à 3km du centre et de la Tour de la Cloche… La toilette se fait au robinet dans une courette et les sanitaires (euphémisme) sont traditionnels, c'est à dire sans porte ni cloison. Tu peux donc y faire la causette avec ton voisin du moment si toutefois il ne lit pas le journal qui servira à…
A Xi'an, altitude 450m, la chaleur est modérée (28 degrés), mais insupportable à cause de l'humidité incroyablement élevée. Le soleil n'apparaît pas, masqué par cette brume récurrente.
J'ai écrit, la ville est bétonnée, mais ici, pas de tour de 30 étages, c'est une ville moderne avec de nombreux centres commerciaux immenses. Le plus grand, près de la Tour de la Cloche, abrite sur 7 niveaux desservis par escalators et ascenseurs ultra modernes tout ce que l'occident, peut offrir de luxe. La mode française, bien sur, Dior, Cardin, Lancôme, mais aussi les Italiens, Gucci etc. Toutes les marques mondiales d'électronique, informatique, Hi fi, vidéo, photos, téléphones portables ( le must, pour les dames - tu peux essayer si t'as pas encore été à la plage - c'est l'étui téléphone au poignet…) s'exposent ici et les incontournables Mac Do et KFC ont pignon sur rue…
Et tout ça à des prix à peine moins chers qu'en France… y'a donc des Chinois qui zont du pognon.


Vélo "chats"
Moto "cochons"
Un homme qui a
de gros besoins
Vélo "lapins"
Xi'an : 13, 5Km de remparts
Xi'an : La Grande Mosquée
Xi'an : Le temple du Dragon Couché
7 Niveaux : le luxe mondial

Demain je reprends la route pour une courte étape, jusqu'au Mausolée de l'Empereur Qin… ça te dit rien comme ça ?… Si je dis l'Armée enterrée de l'Empereur Qin, 6 à 7000 soldats, chars et chevaux de terre cuite grandeur nature… un des plus grands sites archéologiques du monde, ça te va mieux ? … Puis dans deux petites semaines, vers le 18 août, je vous donnerai des nouvelles depuis… Beijing

Biz à tous et plus etc.
Gégé

Xi'an : la Tour du Tambour, pandant de la Tour de la Cloche (actuellement en réfection)

Le pire et le meilleur… à Baoji, la famille qui tient le luguan où j'ai passé la nuit, m'a offert le gîte… et le repas du soir, puis le lendemain, dans un restau, mon addition fut payée par les clients de la table voisine, avec lesquels je n'avais pourtant eu aucune conversation…
Dans la plaine, les villages se succèdent et les gros bourgs sont légions, repérable à distance malgré la brume, par le flot croissant des zizingche (bicyclettes) à mesure qu'on s'en approche.
Vélos chargés de légumes, de fruits, de bestioles de toutes sortes, à plumes, à poils. Je double parfois des vélos dont les sacoches gigotent et couinent… y'a du p'tit cochon là dedans…

Ni Hao

Galère pour trouver ce Center Internet… pourtant il s'appelle Big Center… une salle avec plus de 200 machines… et c'est rapide…
Mon séjour à Lanzhou a continué comme il avait commencé, c'est à dire en visites, bigs restaus et toujours en compagnie de mon ami Kunz. Jamais, je n'ai pu mettre la main à mon porte-monnaie, même pour aller pisser, il m'empêchait de payer…
Le matin du départ, il avait tenu à être présent (à 6h du mat) et m'a surchargé de 6 bouteilles d'eau (dont je n'avais pas besoin) mais que je ne pouvais refuser.

De Lanzhou à Baoji au long de quelques 400 km, le décor est fabuleux.
Le sud du Gansu est une région montagneuse dont l'altitude s'abaisse vers l'Est. Je quitte la vallée du Huang He (the Mother River, 33kg de limon au m3) par un col à 2700m… Bon d'accord, j'ai triché en empruntant (je l'ai rendu) le tunnel à 2283m. J'ai du mettre Arthur (et moi avec) dans une camionnette pour franchir ces 3 km interdits aux 2 roues.
Ensuite, la route sinue entre des centaines (sûrement plus) de collines cultivées en terrasses que parfois même elle escalade…

Il y a donc encore de nombreux cols, chaque fois moins élevés et quelques tunnels… non éclairés (bonjour le stress)
Si globalement, la campagne chinoise "pue", ici, sur les collines je respire le délicat et subtil parfum des poivriers, culture dominante dont la cueillette a commencé.
Un dernier col débouche sur la vallée de la rivière Weil. Le poivrier y est toujours présent mais les fruits abondent, principalement les pêches (énormes), poires et pommes.
Plus loin dans la plaine, on trouve raisins et kiwis.
Les cigales sont légions et crissent en chinois...
Depuis Lanzhou, le soleil est à peine visible… masqué par une brume latente, et, les dernières collines franchies, c'est un brouillard quasi permanent qui m'accompagne jusqu'à Xi'an. Conséquences, les routes sont humides et sales, très sales, la boue remplaçant la poussière dans les traversées de villages et les passages sans bitume...
Grosse galère dans la petite ville de Luomen, il a plu dans la nuit et le chantier de réfection de la chaussée est un bourbier immonde d'où bus et camions se tirent avec difficultés… Alors t'imagine le Gégé avec Arthur… Il me faudra près d'une heure pour franchir les 2 km en poussant et tirant mon attelage car plus rien ne tourne… Arthur, sa remorque et mes pieds sont dans une gangue d'argile… Je peste et gueule après l'autochtone que ça fait rigoler… Rares sont ceux qui m'ont aidé à pousser…. Je vous l'ai dit… ici y'a le pire et le meilleur. Chance, à la sortie de la ville je trouve un Karcher pour la toilette d'Arthur et du Gégé.