29 sept Le Caire



Salam aleikum, bonjour,

Comme la valse à 4 temps de Brel, mon voyage se découpait en 4 : France Italie, Tunisie, Sinaï, Delta et vallée du Nil. Et bien, ça y est, les 3 premières sont bouclées et la 4ème va commencer, je suis à nouveau au Caire depuis hier soir.
Je vous ai quitté à Dahab alors que je devais aller voir les magnifiques poissons de la Mer Rouge, en un mot : plonger.
Asthmatique le vieux, alors y zont dit : les poissons tu les verras d'en haut… J'ai pas voulu tricher… Pourtant ce n'était qu'un petit baptême entre 6 et 10m, sans grand risque, alors, j'ai loué un masque et un tuba et comme beaucoup, j'ai fait du snorkelling (c'est comme ça qui disent)

Beau spectacle, comme les machins à Cousteau. Du grandiose, une eau si limpide que derrière le tombant de la barrière de corail, les poissons à dix mètres en dessous, tu les vois comme si t'étais à l'aquarium de la Porte Dorée avant qu'il ne ferme. Et ils sont tellement beaux que t'as plus envie de manger que du poulet et du mouton… J'en dis pas plus, t'as qu'à venir voir. T'amène maman ou ta copine, ça leur fera de belles vacances, juré !


J'ai donc quitte Dahab pour Sharm El Cheik et le parc National de Raz Mohamed. Encore une symphonie de canyons et montagnes multicolores avec certes un dénivelé important, mais aisé.
Changement de décors. Ca commence par Na'ama Bay, quartier de Sharm El Cheik, une sorte de ville résidentielle plantée là autour d'une baie magnifique qui précède Sharm (on dit Sharm, en abrégeant comme St Trop…) Les charters se succèdent à l'aéroport voisin.
C'est aussi la ville la plus chère d'Egypte… alors tu sais quoi… je suis zété au Mac Do… et comme l'auberge de jeunesse de Sharm où je devais coucher était full, j'ai fais quelques provisions, suis remonté sur ma bécane et j'ai été bivouaqué au "Hilton Djebel"…




Le lendemain, j'ai poussé mes pédales jusqu'à Raz Mohamed, le parc qui constitue l'extrême pointe sud du Sinaï avec, regroupés là en quelques kilomètres, tous les biotypes de la région… Dunes, désert, collines, mangrove, saline, barrière de corail.

 

 



C'est pas grandiose mais c'est beau, étonnant et sympa… mais sans arbre, sans ombre, sans bistrot… que du touriste, déversé par bus entier à un rythme effréné… suivez le guide… 50 Nikons qui font la même photo, 50 mecs et nanas qui font trempette en même temps, 5 minutes pas plus, au même endroit…
Circulez… au groupe suivant… Bon je ne m'attarde pas, d'autant plus que j'ai de la route à faire et que désormais, je ne siffle plus en pédalant… c'est Eole qui siffle. Il est là et bien là, comme je m'y attendais. T'as beau être préparé mentalement, c'est hard. 8, 9 km/h parfois 10 entre deux rafales. Et comme le bougre, il souffle 3/4 face gauche, chaque passage de camion (et y'en a…) me fait faire des embardées terribles. Heureusement, la bande d'arrêt d'urgence est large, sinon, je ne serais pas là pour vous raconter..
Alors, après 80 bornes à ce régime, le Gégé y veut plus. Basta. Y dit même pas des gros mots, et résigné, il descend de bécane et cette fois, la camionnette du Bédouin, il la refuse pas, c'est même lui qui l'arrête cette fois… Une heure plus tard, la ville (El Tur), l'hôtel, la douche, le restau. J'essaye d'oublier que demain et les jours suivant ça va continuer.
Et ça continue, le lendemain, j'ai deux heures de répit de 6 à 8 avant que la soufflerie ne se mette en marche, mais je tiens bon, au mental, toute la journée… 111 bornes à entendre le vent hurler dans les oreilles, avec un désert infini et triste à droite et à gauche, seul sourire, le ruban émeraude du golfe de Suez que j'aperçois au loin de temps à autre. Le soir, bivouac superbe dans les sables après une pause dans la ville d'Abu Reides. J'espérais que dans la soirée il y aurait accalmie… que nenni.
J'abrège car les jours se suivent et se ressemblent, tout cela m'amenant au bord du canal de Suez et cette fois, le bac qu'on m'avait refusé à l'aller pour de basses raisons militaires, je le prends. Quand je débarque de l'autre côté, les militaires niqués et surpris sont vexés, mais ça s'arrange bien. De plus on ne m'a pas fait payer.

Me voila donc dans le Delta du Nil, avec sa physionomie agricole, ses rizières, ses palmeraies et ses parcelles ténues irriguées. Ca sent la campagne et la vache et je pédale aux côtés des ânes qui caracolent, tirant des charrettes bringuebalantes. Puis je retrouve Suez, mais cette fois dans un hôtel plus confortable et à peine plus cher (25 balles) Finalement, cette ville me plait bien, petite ambiance province, bon marché, sympathique et sans touriste (nous y repassons dans 12 jours)


Hier, c'était le retour vers la capitale égyptienne, route sans intérêt parcourue il y a 3 semaines et le vent m'emm… toujours, moins violent, mais usant ; et pour la seconde fois, au kilomètre 80, je jette l'éponge et fais les 50 derniers dans un petit camion. Nous faisons le tour du Caire par le "périph" et après m'avoir taxé 1 dollar, le chauffeur me laisse au pied… des Pyramides.
Restent 15 bornes dans une circulation que je ne peux décrire… sifflet en bouche (j'ai pas de klaxon, moi…) pour me faufiler entre les microbus, les macrobus et les taxis.
A 16h j'étais à l'hôtel Dahab. Petites piaules à 20 balles sur la terrasse… d'un autre hôtel. Génial, sympa, ambiance routard… et de surcroît calme dans cette cité tentaculaire et bruyante.
Deux jours de repos, puis Claude m’ayant rejoint, nous partirons pour Alexandrie et le Nord du delta, mais ce sera une autre histoire.
La bise ou plus etc.
Gégé

Ca au moins, c'est de la bonne humeur !
C'est beau, hein !
symphonie de montagnes et canyons multicolores
Raz Mohamed, extrême pointe Sud du Sinaï
Raz Mohamed, tous les biotypes, ici la mangrove
Raz Mohamed balayée par les vents...
Raz Mohamed, sable et lagune
routiers sympas... le thé et la pipe à eau...
Le vase de la pipe à eau est un vulgaire bocal à conserve et dans le foyer, y'a pas que du tabac...
Pêcheur au bord du canal de Suez

Marchand de felafel (boulettes frite de purée de pois chiches servies dans un pain rond)
rémouleur dans une rue de Suez
Dahab Hôtel, 6ème étage, verdure et calme, un coin de Mer Rouge en plein centre du Caire
embouteillage de "pigeots" dans les rues du Caire
vente de bénitiers dans les rues de Suez
Les bénitiers (tridacnidés) sont les plus gros mollusques bivalves au monde et la pêche en est interdite quasiment partout... il semble qu'ici ce ne soit pas le cas... ou alors on déroge...