Tombouctou vu
par René Caillié


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Histoire de Tombouctou

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20 avril 1828

Enfin nous arrivâmes heureusement à Tombouctou, au moment ou le soleil touchait à l'horizon.
Je voyais donc cette capitale du Soudan, qui depuis si longtemps était le but de tous mes désirs.

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Les remparts de Tombouctou derrière la mosquée Djingareilber

Revenu de mon enthousiasme, je trouvai que le spectacle que j'avais sous les yeux ne répondait pas à mon attente ; je m'étais fait de la grandeur et de la richesse de cette ville une tout autre idée : elle n'offre, au premier aspect, qu'un amas de maisons en terre, mal construites ; dans toutes les directions, on ne voit que des plaines immenses de sable mouvant, d'un blanc tirant sur le jaune, et de la plus grande aridité. Le ciel, à l'horizon, est d'un rouge pâle ; tout est triste dans la nature ; le plus grand silence y règne; on n'entend pas le chant d'un seul oiseau. Cependant il y a je ne sais quoi d'imposant à voir une si grande ville élevée au milieu des sables, et l'on admire les efforts qu'ont eus à faire ses fondateurs. En ce qui regarde Tombouctou, je conjecture qu'antérieurement le fleuve passait près de la ville ; il en est maintenant éloigné de huit milles au nord et à cinq milles de Cabra, dans la même direction
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En entrant dans cette cité mystérieuse, objet des recherches des nations civilisées de l'Europe, je fus saisi d'un sentiment inexprimable de satisfaction ; je n'avais jamais éprouvé une sensation pareille et ma joie était extrême. Mais il fallut en comprimer les élans : ce fut au sein de Dieu que je confiai mes transports ; avec quelle ardeur je le remerciai de l'heureux succès dont il avait couronné mon entreprise ! Que d'actions de grâces j'avais à lui rendre pour la protection éclatante qu'il m'avait accordée, au milieu de tant d'obstacles et de périls, qui paraissaient insurmontables !

 


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Le désert à 100m hors les murs de la ville

 

Histoire de Tombouctou

" Ville exquise, pure, délicieuse, illustre, cité bénie, plantureuse et animée... " Ainsi s’exprimait le chroniqueur Abderhaman Sâdi, auteur du Tarikh es-Soudan en célébrant vers 1630 sa ville de Tombouctou.

Près de quatre siècles ont passé, mais " Tombouctou la mystérieuse " selon la formule lancée en 1896 par le Français Félix Dubois, continue de fasciner le monde. Dans les pays arabes, une expression populaire évoque une certaine Tombouctou, pays fabuleux, enfer ou paradis, mais qui n'existe que dans l'imagination. Aux Etats-Unis, des clubs rassemblent les fidèles de Tombouctou ; seule condition d’adhésion : un cachet administratif apposé sur le passeport, attestant le passage du candidat
dans la légendaire Cité.

 

 

 

 

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Un rayonnement universel

Car -Tombouctou existe. On y accéda d'abord à pied ou à dos de chameau, comme le firent des voyageurs célèbres, parmi lesquels le Tangérois Ibn Battûta (1353). Le musulman converti au christianisme Léon l’Africain (de son vrai nom Hassan Ibn Mohamed El Wazzan  Ez Zayatte) un siècle et demi plus tard ou, plus près de nous, le major britannique Laing (1826) et le français René Caillié (1828)

Métropole des temps médiévaux, Tombouctou remonte donc aux premiers siècles de l'histoire écrite. Campement des berbères nomades du 12ème siècle qui rejoignaient ici le fleuve Niger à la saison sèche, l'endroit se développa grâce au commerce transsaharien. Les opinions divergent quant à l'origine du nom. La plus connue, celle d'Es Sâdi formulée dans le Tarik es-Soudan, veut qu’une vieille femme appelée Bouctou ait été chargée de garder ici le puits des Touareg en dehors des périodes de transhumance : le campement devint Tin-Bouctou, le lieu ou le puits de Bouctou. Selon une autre hypothèse. Tombouctou, fondée par des populations songhoï, tire son nom de la cuvette où la ville fut édifiée entre les dunes, (Tombouctou signifiant cavité). Des historiens soutiennent encore que Tombouctou voudrait dire " la petite dune " et serait ainsi nommée du fait des mamelons de sable qui l’entourent. Linguistes, traditionalistes et historiens s’accordent néanmoins sur un point : l’origine berbère de la ville.

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Ligne régulière sur le Niger : Bamako-Gao
(en période de crue)

 

Depuis, les moyens de communications ont évolués et, si les caravanes de chameaux affluent toujours de Mauritanie, d’Algérie et du Niger, l’aérodrome accueille aujourd'hui les touristes du monde entier.

L'accès est plus difficile par la voie terrestre depuis Bamako (à 1071km au sud) via Ségou et Mopti ou Gao (424 km à l’est) ; les pistes impraticables à la saison des pluies, ne conviennent qu’aux mécaniques et aux automobilistes que ne rebutent pas les cahots. Par contre, en période de crue du moins, les bateaux relient une fois par semaine Tombouctou à presque toutes les villes du pays ; depuis Bamako, le trajet prend cinq jours par le Niger, à travers les plus belles contrées du Mali.

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C'est sur cette pinasse que nous sommes arrivés, Laurent et moi à Tombouctou le 24 décembre 1996, après 3 jour de navigation...

 


Tombouctou n’apparaît pourtant dans l’histoire qu’au XIVème siècle, sous l’administration du Mandé. Au retour de son pèlerinage à la Mecque (1325), l’empereur Kankan Moussa y avait laissé l’architecte-poète andalou Es Sahéli, qu’il chargea de bâtir une prestigieuse mosquée. Sept siècles plus tard, il reste d’elle un monument historique, Djingareiber, construit sur les fondations de la mosquée commandée par Kankan Moussa.

 

Le style d’origine a été respecté.

Dépouillé, robuste, couvert de terrasses en banko, dont émerge la forme pyramidale puis conique d'un minaret hérissé de pieux servant à l'entretien des murs, le monument de Djingareiber trône au sud-ouest de la ville, environné de bâtiments de la même veine. Massifs à la base, les murs s'effilent vers le haut, soutenus par des renflements on des piliers faisant corps avec l'édifice et l'entourant. Peu d'ouvertures sur les façades, presque pas de fenêtres, sauf aux étages mais en revanche de lourdes portes décorées d'énormes clous.

Un indéfinissable mystère

Séjour aristocratique depuis le XVème siècle, le quartier de Djingareiber communique avec les autres par de larges rues, naguère couvertes d'un fin gravier, aujourd'hui envahies par le sable. Au nord de la mosquée principale s'élève celle de Sankoré, que fit bâtir dans la première moitié du XVème siècle une vieille femme de Tombouctou ; Sankoré abritait la Medersa, cette université qui valut au XVème siècle son rayonnement international à la cité. À l'époque, celle-ci comptait près de 100 000 habitants.

Vingt-cinq mille étudiants se répartissaient entre l'université et les cent quatre-vingts écoles coraniques ; provenant de tout le monde musulman ils venaient parfaire leurs connaissances en théologie, en droit, en grammaire, mais aussi en matière de traditions. d'histoire et d’astrologie. Cette période succédait à une longue opposition entre les ulémas touareg et l'empereur songhoï Sonni Ali Ber (début du XVème siècle) réputé anticlérical, mais elle n'en fut que plus faste pour l'esprit et la religion. Aux lettrés et marabouts berbères se joignaient des écrivains et théologiens du Maghreb, venus autant peut apprendre que pour enseigner. Des professeurs de Tombouctou se voyaient invités par la célèbre université musulmane d’Al-Azhar, en Égypte ; des jurisconsultes marocains de Fès faisaient le voyage de Tombouctou pour renouveler leur savoir.

De cette ère de gloire, la cité malienne n'a conservé que le souvenir ; de même est-ce tout ce qu'elle a gardé de sa prospérité commerciale. Au nord de la mosquée de Djingareiber, le quartier d’affaires Badjindé ( de Banga Dundé signifiant en songhoï marigot aux hippopotames) n’abrite plus qu'un marché. Voici cinq siècles, négociants et banquiers s'y bousculaient. Venu d’Égypte, douze mille chameaux transitaient ici chaque année. Centre de ralliement des chameliers du Sahara et des bateliers du Niger. Tombouctou organisait les échanges entre le désert, la savane et la forêt. Du Magreb et du Sahara affluaient les chargements de sel, d'épices, de soie, de cuivre ou d'étain. Du sud arrivaient des pirogues entières de noix de kola, d'or, d'ivoire, de plumes d'autruche et... d'esclaves. Des traités se négociaient sur cette place financière avant la lettre.

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Mosquée Sidi Yaya,
la plus ancienne de la Ville

 

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Aujourd'hui, Badjindé n’a plus à vendre que son pittoresque : bijoux de paille passée à la cire pour leur donner la teinte de l'or, poupées de cire joliment habillées et décorées par les femmes touareg, et toutes ces richesses d’un artisanat millénaire que constituent les armes, les harnais, les colliers et les chaînes d'or ou d’argent, naguère apanage de l'aristocratie targui (singulier de touareg) Dans les rues d'alentour, seuls vestiges du passé commerçant, des fourneaux en banko produisent toujours leur lot quotidien de délicieuses galettes rondes. Car on continue de bien manger à Tombouctou. Dans les campements touareg, il est encore possible de goûter un mets exceptionnel : le méchoui de chameau farci de mouton, de poulet de pigeonneaux et d'œufs.

Le port de Kabara, à 12 Km plus à l’est, connaît une population de dockers occasionnels et de nomades touareg campant dans des tentes-ballons. Deux fois par an, il retrouve son animation d'antan avec l'arrivée de l'Azalaï, caravane de deux cents chameaux apportant des mines de Taoudenni, ( à 710 km au nord de Tombouctou, soit à un mois à dos de chameau ou trois jours en véhicule tout terrain) la seule production du désert, le sel.mopti_sel.jpg (24804 octets)
Plaques de sel sur le marché de Tombouctou

Le temps de sa splendeur est passé, mais le mystère de Tombouctou subsiste sans que l'on sache bien en quoi il consiste. Selon une croyance populaire fortement enracinée, le cavalier de pierre au visage couvert d'un litham blanc dénommé El Farouk, qui trône sur la place de l'Indépendance, descendrait toutes les nuits de son piédestal. On dit qu'il caracole alors à travers la ville.

D'après d'autres confidences, Tombouctou la mystérieuse appartient tous les soirs aux femmes. Dans la journée, en effet, les Tombouctiennes sortent peu. Mais, dès le coucher du soleil, elles hanteraient les rues et se rendraient visite pour deviser jusqu'au petit matin. Une fois par an, lors de la fête du Mouloud - anniversaire du prophète - toutes les femmes de Tombouctou retrouvent la liberté. Vingt-quatre heures durant, elles courent au marché, dans les rues, à toutes les fêtes, totalement libres, dit-on, de leurs actes.

Le coup d'arrêt porté à une vie sociale quelque peu libertine semble dater de l'empereur songhoï Askia Mohammed ; déplorant la prostitution sur une grande échelle, l'adultère quasi généralisé et les scènes d'une extrême impudence qui se déroulaient sur les places publiques, il se résolut à sévir, aidé en cela par les ulémas et les marabouts. En définitive, si mystère il y a à Tombouctou, il résiderait peut-être fort prosaïquement dans une évidence, à savoir que sa réputation de sainteté est contrebalancée par la renommée contraire. Et les voyageurs de jadis, une fois dans le secret, pouvaient se retrancher derrière cette jolie formule qui a résisté au temps " Tombouctou la Mystérieuse ".

 


Tombouctou :

Situation et accès : Dernière ville du Nord malien. Difficilement accessible par voie de terre. A 1 071 km de Bamako, 424 km de Gao, pistes réservées aux sportifs, trajet recommandé en bateau par le Niger en période de crue (cinq jours depuis Bamako). Accès par air depuis Bamako, Mopti et Gao ; renseignements auprès des agences d'Air Mali.

 


Climat :A Tombouctou, on peut avoir en janvier 15° ou moins la nuit et 40° à la mi journée.

Renseignements : Gouvernorat de Tombouctou SMERT, face au Campement-hôtel ; CEDRAB, centre culturel Ahmed Baba ; Office malien du tourisme, BP 60, tél. 28

Visa : oblig. (100 Fr)
43 rue du Chemin Vert
Paris 11 ème
Tel 01 48 07 85 85                    
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Mali

Issue de la Fédération du Mali, indépendante depuis le 20 juin 1960. la République du Mali a été proclamée le 20 septembre de la même année. Le tiers de ce vaste territoire, situé au cœur de l'Afrique occidentale, sans accès à la mer est désertique. L'économie malienne repose essentiellement sur l’agriculture. Des sécheresses fréquentes et l’irrégularité des pluies constituent un handicap d’autant plus que les surfaces cultivables sont géographiquement limitées. L'or est la principale ressource minière

Tourisme - Recettes touristiques : 37 millions de $ de devises en 1988.
SMERT (société malienne d'exploitation touristique) Bd du Peuple, Bamako Tél 22.43.55
Commissariat au tourisme, place de la république à Bamako, Tél :22.59.42
Période recommandée de Novembre à Février (navigation quelquefois arrêtée en février par la décrue)

Communications -
Transports Aériens :
9 aéroports
Aéroport International de Bamako-Sénou.
Aéroport à Gao, Tombouctou, Mopti.
Mali Air Service , avenue du Fleuve - BP 1755
Tél 22.45.13
SABENA 01 44 94 19 34, les meilleures conditions vers Bamako et Conakry.
Air Mali - Tombouctou -Mopti - Bamako - 3 vols par semaine dans les deux sens (600 F fin 96) billet non émis depuis la France réservation air Mali Bamako 22 84 39 ou mieux
à Tombouctou - tél. 92 10 91

2 700 km de voies navigables (sur les fleuves Niger et Sénégal) Bateau de la COMANAV -de juillet à septembre- entre Bamako et Gao (5j de bamako à Tombouctou)
-Navigation possible en  pinasse toute l'année (pas d'horaire, pas de date, se renseigner sur place, tarifs à négocier fermement - moins de 100 FF de Mopti à Tombouctou pour trois jours de voyage -

650 km de chemins de fer (sur la liaison entre Dakar et le Niger) -,

18000 km de pistes, 2200 km bitumés Parc automobile (1987) : 38 000 véhicules (30 000 véhicules de tourisme et 8 000 camions et autobus). Télévision (1 991 ) : 10 000 postes (1 pour 830 habitants). Téléphone (1 990): 11 165 postes ( 1 pour 730 habitants).
                             
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Villes principales: Bamako (capitale), 800 000 hab. ; Ségou, 90 000. Mopti 75 000 ; Sikasso, 75 000 ; Gao, 55 000.
Langues principales : français officiel, bambara, peul. senoufo. soninké., tamasheq, songhaï et dogon.
Géographie
. Superficie : 1 240 190 km². Relief formé de plaines et de plateaux d'altitude moyenne, creusés de vallées (par le Niger et le Sénégal) et dominés par de rares éminences (point culminant : le mont Hombori à 1 155 m).
Climat et végétation répartis en 3 zones : au nord, zone désertique, végétation herbacée, rare et temporaire ; au centre, climat sahélien très chaud, végétation d'épineux ; au sud, climat soudanien, domaine de la savane arbustive et arborée et de la forêt claire.Population. En 1990 -. 8,4 millions de Maliens, 6.8 Hab./km² + 2,7 % par an : 80 % de musulmans, 50,6 naissances pour 1000, 6.5 enfants par femme.

Économie. Généralités - Monnaie franc CFA (100CFA = 1FF)
PNB (1991) 2,4 milliards de $ ; PNB/hab.: 280 $
Aide internationale 495,3 millions de $ (versements net).
Budget (1991) recettes. 224,95 milliards de F CFA -. dépenses, 230,79 milliards.
Dette extérieure (1990) : 2,4 milliards de $. Importations (1990) 606 millions de $ (dont 10,5 % de produits alimentaires) ; exportations : 340 millions de $ (dont 45 % de coton, 26 % de produits animaux, 12,7 % d'or).
Agriculture - 46 % du PIB en 1991.
Productions végétales (1991-92) : céréales sèches (mils et maïs), 1.8 million de t ; riz, 445 000 t ; arachides, 150 000 ; canne à sucre, 300 000 , coton, 275 000.
Pêche - Elevage : poissons : 100 000 t, cheptel : bovins, 5,2 millions de têtes ovins - caprins, 12,7 millions , asins, 0,6 million ; camélidés, 250 000.
Mines et industries 12,2 % du PIB en 1989. Productions : pierre à chaux, 12 000 t ; marbre, 175 000 ; phosphates, 10 000 ; or, 4 t.
Réserves encore inexploitées d'or, zinc. cuivre, lithium. Electricité (1988) : 205 millions de kWh, sans compter la production du barrage de Manantali près de Kayes sur le fleuve Sénégal. Activités industrielles dans les secteurs alimentaires - corps gras, farines (20 000 t), bière (36 000 hl) et eaux gazeuses, lait, sucre (23 500 t), conserves - et textile, cuirs, tabac, plastiques, piles électriques, ciment.