Qui était René Caillié ?


Né en 1799 à Mauzé, dans les deux Sèvres, de parents très pauvres, il fut orphelin très jeune.
On lui prêta des livres et des cartes de géographie dont celle de l'Afrique où les pays déserts et marqués inconnus excitèrent sa curiosité.
Cela devint une passion pour laquelle il renonça à tout.
C'est avec soixante francs en poche qu'il s'embarqua à Rochefort en 1816, sur la gabare La Loire, qui allait au Sénégal.
De Saint Louis, il gagne la Gambie à pieds espérant se joindre à l'expédition du major Gray. Ce projet avorté, il trouve un passage pour la Guadeloupe sur un navire marchand. Il y restera six mois, mais la lecture de Mungo Park ajoute une nouvelle force à ses projets.
En 1818, il est de retour au Sénégal
Rene.jpg (8411 octets)
Le cinq juin 1819, il quitte Gandiolle, dans le royaume de Cayor ( à peu de distance du Sénégal) avec la caravane de Monsieur Partarrieux, lequel doit rejoindre l'expédition du Major Gray, retenu par le roi de Bondou. Après quelques aventures dans le Fouta Toro, il rejoint avec Gray et Partarrieux, le fort de Bakel, mais pris par les fièvres, il doit quitter l'expédition et rentrer à Saint Louis puis à Lorient pour sa convalescence. De son côté, le Major Gray échoue dans toutes ses tentatives.
En 1924, il revient au Sénégal, décidé à aller vivre chez les Braknas "pour y apprendre la langue arabe, et les pratiques du culte des Maures afin de parvenir plus tard en trompant leur jalouse défiance, à pénétrer plus facilement dans l'intérieur de l'Afrique"
Le 3 août 1824 il quitte Saint Louis à pieds et le 8 septembre, il se place sous la protection du Roi Braknas de Lam-Khaté, Hamet Dou.
Le pays des Braknas est situé "à environs soixante lieues est-nord-est de Saint Louis. Il a pour limites, au sud le fleuve Sénégal et au nord-est, celui des Kount..."
Il est ensuite placé sous la protection de Mohamed Sidi Moktar, un chef hassane, et un marabout lui enseigne le Coran. Il étudie la végétation,  la géologie locale et les mœurs des Maures.

timbres.jpg (21788 octets)
L'hommage de la Poste
pour le centenaire de René Caillié


En mai 1825, il rentre à Saint Louis, converti à l'Islam; Il fait différents travaux, essaye d'obtenir des aides pour son projet de rejoindre Tombouctou. Ayant échoué dans toutes ses tentatives pour obtenir le soutien des gouverneurs, tant français qu'anglais, il rejoint Freetown en Sierra Leone, bien décidé à aller au bout de son rêve, d'autant plus que la Société de géographie de Paris avait promis un prix au premier européen qui pénétrerais à Tombouctou.
Le général Charles Turner, Gouverneur de cet établissement de Sierra Leone lui confie la direction d'une fabrique d'indigo, ce qui lui permet d'amasser un petit pécule
(2000 F) qu'il convertit en pacotille, monnaie d'échange pour son voyage.
 
Il se lie et obtient la confiance de Mandingues et de séracolets (marchands voyageurs qui parcours l'Afrique). Il échafaude un plan en leurs expliquant  "J'était né en Égypte, de parents arabes, et avait été emmené en France dès son plus jeune age par des français faisant partie de l'armée qui était allé en Égypte ; que depuis j'avais été conduit au Sénégal pour y faire les affaires commerciales de mon maître, qui, satisfait, m'avais affranchi. Libre maintenant d'aller où je veux, je désire naturellement retourner en Égypte pour y retrouver ma famille  et reprendre la religion musulmane" Il a donc pris le parti de feindre. C'est sans doute ce qui lui permit de mener à terme son aventure.Le risque d'être découvert ne l'abandonnera jamais ; il n'en réchappe que par une dissimulation vigilante, un peu de médecine et un brin de magie littérale.
iti_rene.jpg (29602 octets)
Le 19 avril1927, Abdallâh, (son nom d'emprunt) quitte enfin Kakondy sur les rives du Rio Nunez, pour la grande aventure. Le début du voyage se fait en compagnie de 5 Mandingues accompagnés de 3 esclaves, et d'un porteur Foulah.
Les premiers mois se passent sans trop de difficulté si ce ne sont celles liées au problèmes de nourriture et la crainte d'être découvert. Il voyage donc rapidement pour être le plus vite possible hors de portée de l'Almamy de Timbo, garant de l'Islam dans le Fouta Djalon.
Le 27 avril il franchi le Kakiriman, (rivière que nous traverseront Laurent et moi le 5 décembre 1996 pour rejoindre Télimélé).
Le 8 mai il franchi le Ba-Fing et passe le reste du mois près du Tinkisso, affluent du Dhioliba (Niger) qu'il traverse à Courousa le 10 Juin. . Le 17 juin il est à Kankan et le 22 juin entre dans le Ouassolo, actuel Côte d'Ivoire.Il traverse le Oulaba, actuel rivière Baoulé, à Samatiguila puis est à Timé (actuel Tiémé à 30 Km d'Odiénné) le 3 Août.
C'est le début de ses grandes difficultés.D'abord la saison des pluies est commencée. Il prend le parti de rester quelques jours à Timé pour soigner une plaie au pied qui le fait souffrir et le handicap.La plaie loin de guérir empire et il voit à regret partir la caravane avec laquelle il comptait rejoindre Djenné. Les mois défilent alors et les conditions de vie de Caillié deviennent précaire, tour à tour convoité, pour la pacotille qu'il doit distribuer avec parcimonie pour assurer sa survie, mais aussi pris d'affection par "une vieille négresse" qui l'héberge et lui prodigue des soins.
En novembre la plaie cicatrise mais le scorbut frappe. "Mon palais fut entièrement dépouillé, une partie des os se détachèrent et tombèrent, mes dents semblaient ne plus tenir dans leurs alvéoles : mes souffrances étaient affreuses." La " bonne vieille le soigne et six semaines après il va mieux. Le 9 janvier 1928, il peut enfin se joindre à une caravane en route pour Djenné.
10 jours plus tard il est à Tangréla, extrême nord de l'actuel Côte d'Ivoire. Une guerre voit s'affronter Ségou et Djenné, ce qui le contraint à s'écarter du Grand Fleuve,vers l'est. Enfin vers la mi-mars, il traverse le Niger et entre dans Djenné.
Il reste de plus en plus sur ses gardes, s'isole pour écrire et dissimule ses notes de voyage dans les feuillets du Coran. La crainte d'être dépouillé ne le quitte pas non plus, d'autant plus que son pécule et ses marchandises s'amenuise, étant obligé de donner toujours plus.Il apprend qu'un chrétien (sans doute le Major Laing pense-t-il) est arrivé à Tombouctou par le grand désert, mais qu'il y a été battu à mort.
Durant son séjour à Djenné, il est bien traité par les Maures, et son protecteur du moment Haggi-Mohamed lui trouve un embarquement pour Tombouctou. Il quitte Djenné le 23 mars.Bien que ses protecteurs de Djenné eussent demandé aux piroguiers (il n'y à pas de musulman sur cette embarcation) de veiller sur lui, il subit les pires tracasseries durant tout le trajet, mal nourri, et rejeté au rang d'esclave. Il se voit contraint de prêter sans espoir de remboursement une partie de ses dernières ressources.
Le 19 Avril, il arrive enfin au port de Cabra puis à Tombouctou, quelques lieues plus loin. Bien que son rêve se réalise, il raconte sa déception, mais aussi son admiration pour cette cité bâtie au milieu de nulle part, au milieu des sables.
Sur les recommandations de ses protecteurs de Djenné, il est accueilli et logé par un riche et pieux marchand, Sidi Abdallahi Chebir
Il a confirmation que le Major Laing est bien arrivé à Tombouctou avant lui, mais n'en est pas reparti vivant.
Battu à mort il en réchappa mais fut exécuté à cause de sa nature chrétienne, sur ordre de Cheik Ahmet, chef fanatique de la tribu  des Zaouât.
René Caillé est bien décidé à terminer son voyage par le Nord afin de crédibiliser sa réussite. Il ne reste que 14 jours dans la cité des sables et se joint sur recommandation de son protecteur à une caravane de 600 chameaux.
Dès le début de ce voyage à travers le désert il est confronté au vent de sable, aux fièvres et à la soif, ce à quoi s'ajoute la cupidité de son guide Sidi Aly qui le tourmente et le dépouille des biens qui lui restent. Il est plus maltraité que les esclaves de la caravane et failli même être vendu comme tel. Il est souvent obligé de mendier eau et nourriture de tente en tente.
Fin juin, il est enfin au campement de son guide, à El Harib, sur les bords du Draa. Il en repart 15 jours plus tard en compagnie d'une petite caravane de Berbères et le 12 août, il arrive à Fez, au Maroc et quelques jours plus tard à Rabat. C'est épuisé qu'il arrive à Tanger le 7 septembre et réussit à rencontrer le vice Consul de France, Monsieur Delaporte. Le 28 septembre, avec la bienveillance du Vice Consul, il s'embarque sur la goélette "la Léger"
Il reçu par la suite la reconnaissance et la récompense de la Société de Géographie de France. Il fut ensuite très affecté par les critiques et les doutes émis sur la véracité de son histoire. Il meurt dix ans plus tard, en 1938, des suites de maladie et de l'épuisement du à son voyage. 

 

ITINÉRAIRE DETAILLE DE RENÉ CAILLIÉ

Les informations sont extraites de ses carnets de voyage et l'orthographe est celle qu'il a utilisée.

Les noms en gras ont été identifiés sur les cartes actuelles et sont à la base de notre itinéraire.

Départ de Kakondy le 19/4/1827
Rive gauche du Rio Nunez
               Tankilita - Montagne d'Irnanké
20/4/1827 Oréouss (Village Foulah)
21/4    Sancoubadiglé - Daour - Kiwarat
22/4        Lom-Bar (Village Dialonké) - Coussotami (IGN Konsotami)
23/4        Ruisseau Naufamou - Dougué - Mirayé
24/4   Dongol
25/4    Montagne de Lantégé (25 toises)gorges - Ruisseau Doulinca - Lantégué
27/4         Rivière Kakiriman = Rio Pongo - Pandéya
29/4        Montagne Touma (600 pas de haut) sépare l'Irnaké et le Fouta Dialhon
                Courgin - Comi-Sourignan
30/4        Province de Timbi - Telewel - Bouma - Bouma-Filasso - rivière Coucoulo (IGN Kokoulo)
                 Marca - Dayeb - Tin-Foulasso - Gnérétémilé
1/5/ 1827 Maraca - Bourwel (IGN Bourouwal) - Popoco
2/5      Tiéléri - Damasisya - Dité (IGN Ditin)(2 jours NE de Timbo)
5/5      Focouba (IGN :Fougoumba)- Diguy
6/5     Courou (IGN Kourou) - Bady - Doudé
7/5      Couraco - Coulinco - Cagnola - Bafila
8/5      Proximité du Bâ-fing (Fleuve noir - cataracte en amont)
                Langoué - Foudédia
9/5         Dimayara (mandingues) - Faramousa (?IGN Saramoussaya) - Sela - Kouroufi-Sanguessa
10/5 Gros ruisseau ?? = Tankisso
11/5 Cambaya (2 jours NE de Timbo)
30/5 Pont sur le Tinkisso - Bagaraya
1/6/1827 Gorges de granit peu élevées
3/6         Dernières montagnes du Fouta Dhialon
5/6          Saraya (1 jour au nord du grand fleuve)
6/6         Fausimoulaya - Rivière Ba-ndiégué (IGN Banié)- Sancougnan
7/6           Courouman-Sambaya (? IGN Sangiana)
10/6 Siraléa - Bacoucouda
11/6 Courousa (IGN Kouroussa) Rive gauche du Dhioliba (Niger)
14/6 Fessadougou - rivière Yendan
15/6 Farancou-Manbata
17/6 Kankan
16/7/1827 Sofino
17/7 Diécoura (IGN Diarakourou - Michelin Dialakolo) 1er village du Ouassoulo
18/7 Traversée du Lin (Gros ruisseau)
19/7 Traversée du Sarano (rivière qui passe à Kankary) Mauracé
20/7 Kandiba
21/7 Sigala
22/7 Fila-Dougou
23/7 Banakodo - Yonmouso
27/7 Manegnan (IGN Minignan Côte d'Ivoire))(Bambara)
26/7 Nougouda - Tangouroman
27/7 Sambatikila (IGN Samatiguila)
2/8/1827 Ruisseau Oulaba - Cagnanço (IGN Kaniasso) - Coro (IGN Koro-Oulé) -
                Tinicoro (Bambara)
3/8        Yango-Firé - Brokosso -Timé (IGN Tiémé) (Mandingue)
                 à l'est de Timé, montagnes Nord Sud de 300 brasses de haut
9/1/1828 après 6 mois de maladie René Caillié quitte Timé Dsagoé - Kimba
10/1 Zangouiriré - Dioumiégué
11/1 Siniso -
13/1 Cacorou (Michelin Kakohoro)
14/1 Tisso-soman - Sananço (Mich. Zanaso)
15/1 Dhio (Mich Ndiéou)
16/1 Niourot (Mich Ninioro)
17/1 Talé
18/1 Borandou - Syenço
19/1 Tangréra (IGN Tangréla
20/1 Fara (IGN Fourou - Mali)
21/1 Bangoro
22/1 Débéna
23/1 Tiara
24/1 Douasso
25/1 Siracana
26/1 Sounibara - Fara
27/1 Rivière Bagoé ??(Rivière Blanche) - Courounina - Missabougou
28/1 Badiarana
29/1 Timbala (séparation des routes de Ségou N.NO et Jenné N.NE)
30/1 Touriat
31/1 Magna Gnougnan - Koukhola
1/2/1928 Serasso
2/2        Mouriosso - Oulasso
3/2        Facibrisso
4/2        Toumané
5/2        Gulasso
6/2        Chesso
7/2    Pala
8/2     Maconeau
9/2        Couara (IGN Kouoro)
10-11/2 Rivière Koraba (IGN Couraba) affluent du Dhioliba 60 brasses de large, navigable)
12/2 Sanasso (IGN Zangasso)
13/2 Garo
14/2 Béré
15/2 Nibakhasso
16/2 Ouattouro
17/2 Saraclé (Ségou est à 4 jours N-NO)
18/2 Bamba
19/2 Sanço
20/2 Saga
21/2 Coloni (petit royaume de Jenné)
22/2 Bancousso
23/2 Couriban
24/2 Sanço
25/2 Kimparana (IGN Kimparana)
26/2 Carabara
27/2 Nenesso
28/2 Nomou
19/2 Tamero
1/3        Syenço
2/3        Somou
3/3        Kinina
4/3        Kirina
5/3        Foudouca
6/3       Medina
7/3       Counignan
8/3        Touma-Dioman - Manianan
9/3        Tomga
10/3 Galia (ou Cougalia) sur les bords du Dhioliba
11/3 Traversée du Dhioliba (2 bras - en réalité il s'agit du Bani) Jenné
Voyage en bateau
23/3 Kéra
24/3 Soufara (IGN Sofara)- Cabia - Tuco - Couna
25/3 Taguefia - Sangouno - Sankha-Guibila
26/3 Diébé - Isaca (Sans doute Mopti)
29/3 Oundacora - Ouanza
30/3 Sançan
31/3 Corocoïla - Cobi - Cona (1er village du pays Banan (Banandougou))
1/4        Toï - Lac Débo
2/4        Gabibi - Ile Marie Thérèse - Didhiover
3/4    Tongon (Pays des Dirimans) - Moujo
4/4        Co - Do - Sa (IGN Sa)
5/4        Baraconga - Tantala - Couma
6/4        Lebel - Garfola - Dobou
7/4        Filinça - Baracondié
8/4        Tircy
11/4 Talbo-Coïla
12/4 Salacoïla
14/4 Diré (IGN Diré)
15/4 Kokhoula - Cora
17/4 Coratou
19/4 Cabra (Port de Tombouctou)(IGN Kabara) - 15h : TOMBOUCTOU