LA GUINEE                       Info Guinée

Nombreux sont les clichés qui circulent à propos de 1'Afrique. Et dans ce domaine, la Guinée avait plutôt mauvaise réputation récemment encore. Or en prenant la peine d’évacuer tout ça, on découvre un monde complexe et divers, sorte de synthèse de l’Afrique de l’Ouest. Certes la Guinée ne se laisse pas facilement appréhender, souffrant cruellement de son sous-développement à l’image du Fouta-Djalon, la province phare du pays. village_guinee_3.jpg (27244 octets)
Village de moyenne Guinée


Fouta-Djalon, la traduction en dialecte foulah de l'expression " le domaine du Peulh ", évoque chez beaucoup d'Européens la possibilité de randonner en montagne. Voilà bien le seul cliché exact et la recherche de dépaysement sera ici largement récompensé pour peu qu'on accepte la précarité des moyens de déplacement et d'hébergement.

Commençant leur migration au XV ème siècle, les Foulahs, nomades venus de l'Est, imposent leur suprématie sur la région en conclusion de la Guerre Sainte Islamique de 1725. Ils établirent alors leur capitale à Timbo. Puis vint l'époque de la colonisation française, officielle en1891, et très présente sur le territoire des Peulhs. L'extrème beauté des sites et le climat agréable et tempéré, du fait de l'altitude explique cela. Dalaba notamment, fut choisie comme centre thérapeutique et offre de nombreuses traces du passé colonial.

Depuis l'indépendance acquise en 1965, les Foulahs jouent un rôle secondaire dans la conduite du pays. Ils ont assisté au règne de la terreur sous Sekou Touré, un malinké, héros en 1958 lorsqu'il tourne le dos à De Gaulle, préférant "la liberté dans la pauvreté plutôt qu'une prospérité enchaînée".
Le héros de l'indépendance devint vite le Président du désastre. À sa mort en 1984, il laisse l'économie nationale à zéro. Un Soussou prend alors les rennes du pouvoir : le colonel Lansana Conté; avec un changement radical de politique, celui-ci s'oriente vers l'aventure économique et la restitution des libertés. Sans effusion de sang, ce nouveau départ est accompagné d'une réforme des structures avec la disparition du Parti d'Etat, une tentative de s'opposer à la corruption. Un système de subvention limite le déséquilibre entre les régions et permet ainsi d'éviter les désastreuses rivalités interethniques.

Le remède semble porter ses fruits puisque le visiteur est d'emblée frappé par la cohésion unissant ce peuple rarement triste et caractérisé par un grand charisme. Dix-huit ethnies composent la population. Les trois principales regroupent 75 % des 6,5 millions de Guinéens. Les fortes vibrations d'une culture africaine omniprésente expliquent le paradoxe d'une unité à travers la variété du paysage tantôt montagneux, bord de mer ou plaine, couvert de savane, de forêt ou désertique. Ici, dit-on, se trouvent les côtes les plus poissonneuses d'Afrique, mais aussi 30 % de la bauxite recensée dans le monde, avec pour certains gisements jusqu'à 58 % d'alumine pure. Ailleurs on déterre les tubercules de manioc, on moissonne le fonio. En 1945, Emmanuel Mounié décrivait la Guinée comme " un pays sans obsession, divers, harmonieux plus qu'aucune terre africaine, éveillant une émouvante analogie de la France "

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Piste de Télimélé à Dalaba, dans le Fouta Djalon

 

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Héritage culturel français...  la baguette de pain, certe livrée à brouette, mais bien comme chez nous !

Une émouvante
analogie de la France

Quatre régions distinctes composent le pays:
- La zone côtière, avec 300 km de façade sur l'Atlantique est un pays de rivières aux plaines fertiles et marécageuses. Le climat tropical et très humide favorise la culture du riz. La grande forêt y a laissé place à la palmeraie. Les Soussous prédominent.
- La région soudanaise, située au nord, constituée de monts de faible altitude et de plateaux, recèle des ressources minières en or et diamants importantes. Les Malinkés y sont majoritaires, pratiquant l'islam tout en conservant leurs rites ancestraux.
- La région forestière occupe l'Est du pays, zone très montagneuse aux fortes précipitations. Trois peuplades animistes, aux origines obscures, habitent les nombreux villages dissimulés dans les bois.
- Le massif du Fouta-Djalon quant à lui est un ensemble de montagnes d'aspect chaotique, situé entre 600 et
1 500 mètres d'altitude. La Gambie, le Sénégal et le Niger y prennent leur source. Les Peulhs, peuple de pasteurs sédentarisés y pratiquent l'élevage du bœuf. L'Islam est une invitation sans débordemen
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Montagne Koukourouba à 25 km de Dalaba

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....sur un tableau d'école parrainée par Aide et Action, à Télimélé

Nota : Ces informations ont été relevées sur des sites ou ouvrages référends en 1996. Elles sont évolutives dans le temps. Je n'en garanti pas l'exactitude et n'en assure pas la maintenance.

Visa : obligatoire (200 Fr en 1996)
Consulat : 51 rue de la Faisanderie
Paris 16 ème Tel 01 47 04 81 48

La République de Guinée a obtenu son indépendance le 2 octobre 1958. Les deux tiers du pays sont montagneux ou accidentés et bénéficient d'une pluviométrie abondante et régulière, ainsi que d'un réseau hydrographique puissant et équilibré. La Guinée (2ème producteur mondial de bauxite) possède d'importantes ressources minières.

Population. En 1996 : 8 Millions de Guinéens. 28,9 hab./km². + 2,4 % par an ; 2 millions d'émigrés environ surtout en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Mali, au Liberia et en France malgré 200 000 retours après le changement de régime en 1984 .
43 % de moins de 15 ans ; 75 % d'habitants en zones rurales.
Langues : Français officiel. Locales : malinkés, peul, sousou.
Religions : Musulmans (80%), catholiques (10%)
Villes principales : Conakry (capitale), 1 500 000 d'habitants (1995) ; Kankan, 90 000; Labé, 70 000 Kindia. 60 000.
Géographie. Superficie : 245 857 km². 3 régions naturelles : des plaines côtières marécageuses constituent la Basse Guinée : la Moyenne Guinée occupe le large massif montagneux du Fouta Djalon, très accidenté, où prennent naissance les plus grands fleuves du pays; la Haute Guinée est formée de vastes plaines se relevant au sud (point culminant : le mont Nimba à 1 752 m).
Climat : tropical à 2 saisons, pluvieuse d'avril à octobre et sèche de novembre à mars, modulé par l'altitude, très humide à l'ouest, tempéré au centre, soudanien au nord-est et subéquatorial au sud-est. Température entre 20 et 35°.
Végétation de mangroves près de la côte, de savanes et de forêts dans le reste du pays.

 

 


Économie. Généralités - Monnaie : le Franc Guinéen :100 FG = 0,52 F (1996).
PNB (1991) : 2,66 milliards de $.
PNB/hah. : 450 $.
Croissance du PNB (1980-1987): 2,l %.
Budget (1990): recettes 375 milliards de FG, dépenses 468 milliards.
Aide internationale (1 990) : 313.7 millions de$. Dette extérieure 2,5 milliards de $. Service de la dette 72 millions de $.
Importations: 693 millions de $ (biens intermédiaires, produits pétroliers, produits alimentaires) (fournisseurs : Etats-Unis 35,8 %, France 9,3 %) ; Exportations : 788 millions, dont bauxite 56,9 %, alumine 20,7 %, diamants 8,9 %, or 5,6 %, vers les Etats-Unis (23,3 %), la France (13,9 %).
Agriculture -
27 % du PIB en 1990. Cultures vivrières (1991) : riz 630 000 t, manioc 660 000, patates douces 135 000, ignames 60 000, maïs 80 000, arachides 52 000
Cultures commerciales (1990) : bananes 100 000 t, arachides 52 000, ananas 36 000, palmistes 35 000. Pêche - Elevage : poissons 50 000 t. bovins 1,8 million. ovins 460 000, porcins 50 CM.
Mines et industries - 32,8 % du PIB en 1990. Productions : bauxite. 17.5 millions de t (2ème rang mondial), alumine 640 000 t. diamants 146 000 carats, or 3,5 t. Electricité : 500 millions de kWh (dont hydroélectricité 185 millions de kWh).
Réserves minières : bauxite (8 milliards de tonnes, 11ème rang mondial), fer (15 milliards de t). diamants (200 millions de carats), or. Petites activités industrielles : tôles, tabac, ciment. textiles. Communications. La compagnie nationale Air Guinée dessert les pays limitrophes. 1 aéroport international (à Conakry-Gbessia). Une flotte de 20 navires, avec une jauge totale de 3 000 tonneaux. 2 ports importants (90 % des échanges à Conakry. 4,9 millions de t : bauxite à Kamsar). 1 050 Km de chemin de fer, dont l’axe minier Conakry – Fria. 14 000 Km de routes dont 1200 bitumées.

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